2016, « un très grand cru » pour l’immobilier ancien, grâce aux taux bas

Le secteur a été porté par un crédit très bon marché et des aides publiques. L’année 2016 constitue donc une année exceptionnelle pour le marché de l’immobilier ancien.

2016 a été une année exceptionnelle pour le marché immobilier ancien en France. Le secteur a connu de gros volumes de ventes lors de l’année écoulée, grâce à un crédit très bon marché et des aides publiques.

Ça a été un « très grand cru », estime ce lundi Yann Jehanno, directeur exécutif du réseau Laforêt (700 agences) dont les transactions ont bondi de 12,8% comparé à 2015 au plan national. Son concurrent, Guy Hoquet L’Immobilier (450 agences), filiale du groupe Nexity, a vu ses ventes bondir de 11,5% en France, et même 15% à Paris. De son côté Orpi, premier réseau du pays avec quelque 1200 agences, a publié mi-décembre un volume de ventes en progression de 10%.

« Un moment historique »

Ce dynamisme du marché est dû à des « conditions exceptionnelles de taux », rappelle Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet qui parle d’une « période extraordinaire, un moment historique », ainsi qu’à des prix en recul de 8% depuis 2011. Ces deux facteurs ont diminué le prix d’un achat immobilier « de 20 à 25% ».

Après un an de baisse continue, les taux d’intérêt ont très légèrement augmenté en décembre à 1,34% en moyenne, a annoncé lundi de son côté l’observatoire Crédit Logement/CSA. Même s’ils ont « sans doute atteint un seuil historique, en-dessous duquel il sera difficile de descendre », relève Elix Rizkallah, président de Laforêt, ils « offrent aux emprunteurs un pouvoir d’achat qui dynamise l’ensemble du marché immobilier ».

Primo-accédants de retour

Ces ventes très étoffées ont été tirées par les deux moteurs traditionnels du marché: les ménages qui accèdent à la propriété et les investisseurs. « Très actifs », note Guy Hoquet, les primo-accédants sont aussi de plus en plus présents, en générant 40% du volume des transactions en 2016 contre 36% l’année d’avant et 24% en 2012, au sein du réseau.

En parallèle les « secundo-accédants », qui vendent un logement pour en racheter un autre, reculent en ne représentant plus que 42% des volumes de ventes, contre 60% en 2012.

Tendance positive pour 2017

En vigueur à Paris depuis août 2015, l’encadrement des loyers qui selon les professionnels de l’immobilier devait faire fuir les investisseurs, a eu « bien moins d’effet que tous ne l’avaient imaginé », indique Fabrice Abraham.

Par ailleurs, « dans les secteurs urbains dynamiques et denses, tels que les hyper-centres, les ventes qui se réalisent en moins de 15 jours sont désormais fréquentes », observe Laforêt. Les aides publiques, Prêt à taux zéro (PTZ) en faveur des primo-accédants et dispositif fiscal Pinel pour l’achat d’un logement à louer, ont aussi favorisé l’immobilier ancien.

En 2017, si les taux demeurent bas et si le scrutin présidentiel ne provoque pas trop de « turbulences », la tendance devrait rester positive, estiment ces professionnels.

Source : L’EXPRESS.fr

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